« Typographiste » est une spécificité du métier de graphiste. L’accent est mis sur « l’art et la manière d’utiliser les différents types de caractères dans un but esthétique et pratique » nous explique Wikipédia.
La typographie serait l’art de mettre en scène mots, formes, images et caractères dans ce vaste métier de graphiste ?
« C’est le client qui catégorise » me précisera Olivier. En effet, la formation initiale de base est bien la même. Les parcours diffèrent et s’affinent sur le chemin en fonction des goûts et facilités de chacun, mais aussi du marché de l’emploi.
Olivier a une vision très globale du métier, de la conception PAO au travail en imprimerie, ce qui lui permet de bien comprendre toutes les étapes de la typographie, de sa création à sa fabrication.


Il a enchainé en effet un CAP de photocomposition, un Bac pro en industrie graphique puis un BTS de communication graphique pour enfin intégrer les Arts Déco de Strasbourg. Il en sortira avec un Diplôme national supérieur d’arts plastiques (DNSAP) et il y sera également chargé de cours. Il s’interrogera sur la « Typographie en France et en Allemagne de 1939 à 45 » et participera à une exposition collective en février 2000 sur les « signes de la collaboration et de la résistance. »
Voilà ce qui sera désormais sa marque de fabrique et sa spécialité, l’histoire du XXème siècle. Fort de ses compétences dans tous les rouages du métier, nul besoin pour lui d’intégrer une entreprise. Il se mettra à son compte à 25 ans et viendra s’installer à Lyon.
En un coup de TGV il peut continuer à gérer ses clients parisiens.

Prestataire pour des musées d’histoire, des associations, des maisons d’édition en Sciences, Histoire ou Art, des institutions publiques en collaboration avec des chercheurs ou historiens, il travaille sur des écrits pointus qui soulignent l’importance de la typographie et la nécessité d’une qualité esthétique et technique. Olivier me montre quelques unes de ses réalisations et je suis impressionnée. Quand la graphie est à ce point au service du sujet, quand le beau est aussi signifiant, l’art devient au service du sens. Ouvrages scientifiques ou musicaux, catalogues d’art ou d’histoire en passant par des flyers ou des affiches. De l’édition à la communication, un travail varié tant par ses formes que ses supports. Je le regarde travailler et m’étonne de le voir ainsi passer d’un projet à l’autre, répondre des heures au téléphone pour apporter des modifications à des travaux en cours.

Faire et défaire, les aléas du métier dans des délais de plus en plus compressés. La reconnaissance du temps passé n’est pas toujours au rendez-vous et les clients n’imaginent pas la documentation et les recherches qu’exigent une telle création.
A la base, une recherche formelle est nécessaire : de couleur, de grille de mise en page, de charte graphique, de « gris typo » (résultat optique). Cela nécessite une culture visuelle et de l’expérience mais aussi de se documenter sans cesse, de collecter des informations sur les sujets traités, de s’imprégner d’horizons différents pour pouvoir être créatif et se renouveler.
« Je suis toujours en quête de documentation, de recherches, pour faire émerger une idée. Les premiers rendez vous s’effectuent généralement de visu, puis, tout se traite par mail ou par téléphone. Je rencontre des personnes de cultures totalement différentes. Dans ce métier, la communication est primordiale et doit être fluide, il faut parler la même langue pour se comprendre sur un projet. »
Son inspiration, Olivier va la puiser dans les livres d’art sur la peinture, le graphisme, le dessin, les expos, la musique, le théâtre, le monde qui l’entoure.


« Internet est un piège, tout le monde voit et reproduit la même chose. Il ne faut pas tomber dans des effets de mode qui vieilliront mal. Je travaille aussi beaucoup sur des documents historiques où on ne me demande pas de création d’identité mais de la création d’image.»


Olivier a créé une police de caractère modulable à l’infini : 80 signes abstraits juxtaposables. Impressionnant ! Son intérêt pour le signe est incroyable. Olivier a une autre vision, un regard de professionnel sur l’écrit et l’imprimé en général assez époustouflant. Une culture, un savoir et une intelligence des codes graphiques. Un signifiant qui nous dépasse souvent et pourtant, qui parle à notre inconscient et touche notre sens esthétique.

J’ai cette compréhension de tout cet univers au travers des carnets qu’Olivier me dévoile comme un trésor. Des années de recherches, de travail, où tout est répertorié, annoté, collé. Chaque idée, chaque piste créative ou simplement des humeurs. Toute une vie.
Olivier aime également transmettre son expérience et est de plus en plus attiré par l’enseignement et les interventions publiques. La joie de partager un savoir faire, d’échanger sur une passion.

Parallèlement à son métier, il a toujours exercé la peinture. Pour lui, cela fait partie de la création. Il se dit « touche-à-tout » et affectionne ces rencontres multiples. Ses productions picturales sont à découvrir sur : http://olivierumecker.fr

 

© Olivier Umecker

 

 

Son  Site :

http://olivierumecker.fr

 

 

© Olivier Umecker

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