« Allier stylisme et graphisme c’est vendre un concept global. » Partir d’une perception, d’un style, de couleur et de forme pour arriver à un produit fini : plus qu’un savoir faire, David vend une vision esthétique, un certain regard.

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Après une formation à l’école Bellecour de Lyon dont il sort diplômé de stylisme et modélisme, il intègre dès sa troisième année un bureau de style où il effectue un stage tous les après-midi. C’est là qu’il apprendra le graphisme textile, le dessin sur ordinateur devant son premier Mac. David a toujours voulu exercer un métier manuel et très tôt a voulu s’orienter vers un CAP. Cependant le système scolaire l’a encouragé à continuer ses études jusqu’en troisième. Il ne poursuivra pas plus loin le cursus général, pressé d’intégrer la filière qu’il avait choisie. Bien qu’entouré d’une mère et d’une grand-mère couturières, d’un père qui lui même dessinait, David ne veut pas y voir de raccourci facile mais il sera toujours attiré et doué dans ces domaines.
Le stylisme lui a appris à dessiner, le modélisme à monter un patron et le coudre. Seul garçon de sa classe, il finira même avec un an d’avance sur sa promo. De fil en aiguille, il deviendra aide graphiste puis affirmera sa technique et son sens esthétique pendant 10 ans dans un autre bureau de style réputé de Lyon.


Depuis 8 ans il a choisi de se mettre à son compte sous le statut de travailleur indépendant et de pratiquer à son domicile. Ses spécialités sont désormais reconnues et il excelle dans la mode masculine citadine plutôt habillée, le sportswear et le prêt à porter. Ses compétences pour les tendances, la recherche de couleurs et le graphisme textile alliées à sa formation de modéliste styliste lui concèdent une polyvalence recherchée et lui valent la reconnaissance d’une clientèle fidèle.
« On ne se lasse jamais dans ce métier, l’œil est toujours à l’affut de nouveautés, on se nourrit de tout. »
Pour être constamment dans la tendance et répondre à ce besoin de renouveau visuel permanent, David visite de nombreuses expos, tire substance de toute culture de l’image, théâtre, musique, cinéma, lecture, tout est matière : une curiosité culturelle insatiable.
Autre pratique qui l’éloigne de son ordinateur : le shopping.
Parfois intégrée au cahier des charges et pouvant se pratiquer avec son client, elle consiste à aller voir ce qui se fait à travers le monde. Dénicher des tendances, des matières, des idées graphiques, des accessoires ; tout simplement : trouver l’inspiration.
Regarder et ressentir sont les mots clés de la profession.
Une certaine sensibilité, un esthétisme prononcé et de la créativité feront le reste.


Milan et Paris pour les grandes marques, Londres pour le côté branché, New York pour le sportswear, David est le plus souvent à Anvers ces dernières années où se concentrent de nombreux magasins de marques, cadre idéal pour cette activité à en faire rêver plus d’un(e)…
Il propose des cahiers de tendances, est capable de me dire quelles couleurs et matières feront la mode de l’été 2015.
« Il faut toujours anticiper dans ce métier. Faire la mode c’est prévoir ce qui va plaire en s’inspirant du monde qui nous entoure et de tous les créateurs. Il s’agit de raconter une histoire, de mettre en scène, de recréer l’air du temps, de proposer un style adapté à son client dans la mouvance actuelle. »
C’est aussi, bien sûr, une veille de la concurrence ; il est nécessaire de se tenir informé de ce que font les autres et à quels prix. Le budget est un indice important de la profession. Il ne peut être négligé et il faut donc s’adapter pour choisir sa matière première, calculer les coûts de production et de fabrication.
Voilà ce qui a changé avec les années. Avant, la fabrication se faisait encore en France, mais aujourd’hui c’est devenu impensable. La confection est systématiquement délocalisée et les rares ateliers qui subsistent fabriquent essentiellement du haut de gamme.
« Finalement tu ne passes pas tout ton temps devant ton ordinateur comme on pourrait le croire, tu as une grande part de clientèle, de collaboration avec le chef de marque, de worshop, de shooping et aussi de suivi de fabrication en usine ?!
– Oui, selon le budget du client mon travail peut aller de l’élaboration des collections à sa réalisation.
– Qui sont tes clients ?
– Des importateurs, des centrales d’achats, des marques mais aussi des particuliers pour des domaines variés en rapport avec l’esthétisme et souvent la coloration. Elaborer avec eux un graphisme ou une décoration en accord avec leur projet : magasin, restaurant ou habitation !
– Quelles sont pour toi les tâches les plus ingrates de ce métier ?
– On appelle ça, dans notre jargon, « faire des petits frères», c’est à dire recopier certains modèles de grandes marques qui marchent bien. Ce que j’aime, moi, c’est le côté créatif, reproduire ou copier ne m’intéressent pas. Il ne faut pas avoir peur d’oser pour être conceptuel. Fuir le réchauffé, le passé, toujours anticiper, avoir constamment soif de nouveautés.»
« Dresser ses antennes et saisir l’air du temps, là est le secret de ce métier » m’explique David en citant Lidewij Edelkoort, grande prêtresse de la mode et des tendances : «savoir capter le désir naissant.»


La créativité est un puits sans fond, les combinaisons infinies, les moteurs : la curiosité et l’envie.


Passionné d’art, David aime mélanger de la matière de manière concrète, autrement que sur l’ordinateur. Il a ainsi touché à la poterie, puis pratiqué durant 7 ans la peinture à l’huile et commencé l’aquarelle botanique l’année dernière. L’art et ses supports sont un moyen d’expression et de créativité au même titre que la cuisine, domaine où il excelle également pour le plus grand plaisir de ses proches.

Peintures et céramiques © David Casalgrandi

A ce jour David vient de créer sa propre marque de linge de cuisine haut de gamme :
« Lapin chasseur »
, tabliers et torchons de cuisine fabriqués dans la région, dans des matières de qualité. Un aboutissement dans cette profession, où, à force de créer pour les autres, on a envie de le faire pour soi. Il travaille également sur  autre projet, de mode masculine, pour faire partager ses propres goûts, son regard sur la mode d’aujourd’hui, mais ça, chut, il va falloir patienter encore un peu…

Lapin Chasseur

Son site internet : http://www.davidcasalgrandi.fr
Sa marque de linge de cuisine : http://www.lapinchasseur.fr

Un grand merci à David qui est aussi le concepteur graphiste du site www.tiremoileportrait.com.

 

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